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8 septembre 2016

Les bisous de Migou

A l’adolescence, je le croisais souvent, ce grand garçon atypique au teint « différent », comme le mien.

A l’époque, nous nous parlions très peu. Entretemps, une amitié respectueuse s’est développée entre nous car nous avons une réelle passion en commun: la musique.

Et voilà qu’après des années de dur labeur, il m’épate en sortant un tout nouvel album. Comme lui, très particulier. Une particularité qui m’a inspirée. Je me devais donc d’écrire un article plus long et solennel qu’à mes habitudes. Voici donc en détail l’expérience musicale que j’ai vécue.

Migou, c’est avant tout une plume, un roulis de mots, une douce rivière de rimes françaises qui nous emmène en voyage. C’est ensuite un groove chaloupé qui fait tout pour nous séduire, passant par les méandres du rock lent et sensuel, de la ballade bossa, de la cumbia bâtarde à la Tom Waits ou même d’une étonnante berceuse. Presque

pas de règles. Et donc, rien de systématique dans cette variété de styles, si ce n’est la présence de la voix, qu’on pourrait décrire comme un mix de Gainsbourg et de Lavilliers.

Ses textes toujours poétiques sont appuyés d’un groove lent et posé, omniprésent.

L’album commence sur la chanson éponyme Un long baiser, qui raconte une séduction borderline, un accouplement avec, en climax, les derniers soupirs de l’amour. Le clip vidéo (réalisé par le Studio TABASS co.) fait plus qu’illustrer à merveille, très élégamment, ce numéro de funambule: il est une véritable oeuvre d’art en soi, et impose le détour !

On a voulu, ballade mélancolique irrésistible mais paradoxalement groovy, évoque sur le ton bitter-sweet les jolies choses trop vite disparues, nous envoûtant notamment avec un son de flûte basse hypnotique.

Vient ensuite comme un relent, un ressac du monde onirique quand on ouvre des yeux ensommeillés au petit matin, avec le très jazzy Quelque chose me revient du rêve, évocateur lui aussi de “quelque chose qui ne sera plus”…

L’étoffe des héros est une sorte de funk-fusion bâtard irrésistible, qui traite de celui qui “ne tint pas ses engagements”. Qui est-il? Chuuut…

suspense, la fin de la chanson lerévèle!

Comme un étrange objet musical, Frère du vent amène dans la place un voyageur de passage, un guerrier sans terre posant le pied et ses bagages – pour un temps seulement – chez une femme qui n’est pas sans rappeler l’”hôtesse” de Brassens.

Antonio Carlos Jobim, dieu de la bossa-nova, reconnaîtra peut-être son héritage dans Charade, délicieuse 5ème plage de l’album, sur le thème – en forme de devinette – de ce qu’il y aurait de plus doux pour s’opposer à la dureté de nos vies, incarnée par le stress, la gagne, l’overbooking…

Encore une ode à la simplicité dans Fruit - nouvelle version de “Fruit mûr”- écrit autrefois par Migou pour un album de Samir Barris. Et ici, reconnaissons que le swing manouche est à l’honneur.

Météo du jour, funk à la française, met en scène avec humour un jeune homme bien patient. Et certaines en prennent pour leur grade. Vous reconnaîtrez-vous?

Et la voilà, la cumbia latino-foutrarque à la Tom Waits, sur ce très beau texte évoquant un homme entre deux âges qui voit s’éloigner son destin sans avoir pu le saisir. Il a eu sa chance.

La ballade Trader, très jazz, presque “rubato”, vient ensuite évoquer de manière éthérée mais impitoyable la logique mercantile qui a mis la planète à sac.

Et on termine ce long baiser par la charmante berceuse, tombée du ciel, “Alizé”, cadeau d’un simple guitare-voix comme une dernière caresse…

Voilà, en ce qui me concerne, j’ai été séduite… À vous d’en découvrir un peu plus ici.

 

 

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